Témoignages Enseignantes 1999

 

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Novembre 1999 : Agnès Salomon et Denise Chabert ont passé 10 jours à Koulikoro.

 

Leurs impressions...

 

1) Où en est la scolarisation à Koulikoro? au Mali? Voyez-vous une évolution?
A Koulikoro, le taux de scolarisation atteint près de 100% dans certains quartiers. Il ne reflète pas la réalité du Mali (moins de 40%) mais montre la volonté exemplaire des enseignants qui ont su mobiliser les parents d'élèves.

 

2) Et les filles?
Au Mali, elles sont des aides précieuses dans l'économie familiale. Les parents ont donc dû être fortement sensibilisés pour envoyer leurs filles à l'école. Elles sont, à Koulikoro, autant scolarisées que les garçons. Cette scolarisation est fondamentale, car c'est par l'Education des filles que passe la baisse de la natalité et qu'un pays peut se développer.

 

3) Quelles sont les conditions de vie d'un écolier au Mali?
       - Avant la 1° année (CP1) très peu d'élèves fréquentent un "jardin d'enfants". Celui-ci est payant (1000 CFA soit 10F/mois)
       - Faute de moyens, la pédagogie est essentiellement basée sur l'oral. Cahiers, stylos, crayons sont des investissements précieux qui ne peuvent être renouvelés facilement. Quant aux livres,ils sont très rares.
       - Les classes sont souvent construites en banco (terre séchée). Certaines se sont effondrées lors des deux dernières saisons des pluies (juillet à octobre).
       - En conséquence, les maîtres et les classes sont en nombre insuffisant. Les écoles pratiquent souvent la "double vacation": à partir de 80 élèves, on dédouble la classe (moitié le matin, moitié l'après-midi avec le même maître) ou la "double classe": une salle est utilisée le matin par une classe et l'après-midi par une autre. Les effectifs ne sont jamais inférieurs à 45-50 élèves et peuvent atteindre 120 élèves.

 

4) L'enseignement du français pose-t-il problème?
Pour éviter le cumul des difficultés (apprentissage du français en même temps que lecture et écriture),on expérimente, au Mali, depuis plusieurs années, la "pédagogie convergente": 100% de l'enseignement se fait en langue maternelle la 1° année, pour atteindre 75% en 4° année et tout en français en 5° année. L'expérience semble porteuse de bons résultats.

 

5) Quel problème vous a le plus interrogées cette année?
Toujours le manque de moyens matériels, didactiques et humains et l'ampleur de la tâche à accomplir. Le Mali est un pays jeune. Un groupe scolaire peut compter 950 élèves et les moyens d'enseignement sont dérisoires: tableaux peints sur les murs, 1 livre par classe, locaux insuffisants. Face à cela, la mobilisation exceptionnelle des enseignants permet à toujours plus d'enfants d'accéder à l'école. Les familles ne s'y trompent pas. L'école est devenue porteuse d'espoir et non plus mise en concurrence avec les travaux ménagers ou des champs.

 

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